19 mars 2010

Estonie: pages blanches contre un projet de loi sur les sources de la presse

(AFP)
Trois grands quotidiens estoniens ont publié hier une page blanche en une, en signe de protestation contre un projet de loi qui obligerait les journalistes à dévoiler leurs sources. « Voici à quoi ressembleront les journaux si cette loi est adoptée », ont écrit le quotidien de référence « Postimees », le tabloïd « Ohtuleht » et le quotidien des affaires « Aripaev » au bas de leur page vierge.

Trois grands quotidiens estoniens ont publié jeudi une page blanche en une en signe de protestation contre un projet de loi qui obligerait les journalistes à dévoiler leurs sources.

"Voici à quoi ressembleront les journaux si cette loi est adoptée", ont écrit le quotidien de référence Postimees, le tabloïd Ohtuleht et le quotidien des Affaires Aripaev au bas de leur page vierge.
Trois autres journaux de ce pays des bords de la Baltique entré dans l'Union européenne en 2004 ont publié jeudi une page intérieure blanche.

Ce mouvement de protestation de la presse libre estonienne fait suite à un projet de loi du ministre de la Justice qui obligerait tout journaliste à révéler ses sources si les autorités en font la demande.
"Nous voulons par ce mouvement de protestation souligner que la liberté de la presse est menacée en Estonie", a écrit jeudi Postimees dans un éditorial.

"La liberté de la presse assure à la société le droit d'obtenir des informations véridiques sur ce que fait l'Etat (...) Le projet de loi sur la presse limite fortement le droit des médias de rassembler des informations et de protéger des sources confidentielles", poursuit l'éditorial.

Le projet introduit par le ministre de la Justice Rein Lang, homme clé au sein du parti de centre droit au pouvoir, le Parti de la réforme, a été transmis au Parlement et pourrait être adopté dans les prochains mois.
M. Lang le justifie par la nécessité selon lui de rendre les médias plus responsables. Il devait affronter jeudi ses critiques au cours du congrès annuel de l'Union des journalistes estoniens et prononcer un discours intitulé "Le journaliste est-il une vache sacrée pour avoir le droit de faire tout ce que bon lui semble ?".

6 commentaires > Laisser un commentaire :

Gilles a dit…

Cette propention des journalistes, ou qu'ils soient, a s'eriger au-dessus des lois est derangeante. Car, a ce moment-la, pourquoi les autres categories professionnelles n'en feraient-elles pas autant ?

Français en Estonie a dit…

Je suis assez d'accord avec vous qu'en général les journalistes se croient essentiels à notre survie et s'y croient un peu...
Cependant, dans le cas présenté ici, la loi viserait principalement le journalisme d'investigation. Les politiques se protègeraient ainsi contre un éventuel informateur.
Et là on touche en effet à la liberté d'expression - et notamment à certaines révélations sur les politiques et autres scandales d'Etat...
D'où les pages blanches.

Elisa a dit…

Salut!
Bon début de saison!
Ici en Argentine, l´automne est arrivé...
Amitié
Elisa

Français en Estonie a dit…

Ici c'est le printemps qui est arrivé... :)

Antoine Jacob a dit…

L'initiative de ces journaux estoniens est peut-être exagérée mais elle me semble destinée avant tout à attirer l'attention et frapper l'imagination. Un simple éditorial en page intérieure n'aurait sans doute pas incité l'AFP et d'autres médias à parler du sujet. On peut penser ce qu'on veut de l'indépendance réelle de la presse, dans les pays baltes et ailleurs en Europe. Il n'empêche, cher Gilles, qu'elle reste un rempart (relatif, parfois croulant) contre des partis politiques au pouvoir prêts à beaucoup de choses pour y rester, des entreprises de moins en moins scrupuleuses et d'autres groupes d'intérêt. Ce n'est pas pour rien que des lois ont été prévues et adoptées par divers parlements pour justement préserver la liberté de la presse - et déterminer ses devoirs et ses obligations. Je n'appelle pas ça "s'ériger au-dessus des lois"...

Lislandais a dit…

Sous réserve que le projet de loi aboutisse, il suffira de s'installer en Islande...

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