4 octobre 2009

La mystérieuse pile de Cinq-Mars

Je profite de mon retour en France pour faire connaître un peu ma belle Touraine et résoudre enfin le mystère de la pile de Cinq-Mars.

Mystérieuse, fascinante, elle l'était depuis mon enfance.
Lorsqu'on passe aujourd'hui près d'elle, le panneau "pile galo romaine" (avec la faute d'orthographe) l'indique sans vraiment détailler la véritable fonction de ce monument si bien conservé.

Notons l'importance de cette pile qui est allée jusqu'à donner son nom à la ville adjacente, nommée Cinq-Mars-la-Pile. La pile est située sur le coteau, face à la Loire, et domine le fleuve du haut de ses 29,50 mètres.

Elle est mentionnée pour la première fois par Rabelais qui, en proche voisin, cite dans Gargantua, XVI, « la pile sainct Mars aupres de Langès (aujourd'hui Langeais)».
Notons également qu'en 1840, ce site historique fut l'un des premiers à être classés par Prosper Mérimée, chargé de recenser les monuments à protéger dans la région.

La pile est, comme le mentionne le panneau au bord de la route, un monument ga(l)lo-romain datant de la fin du 2è siècle. On remarque sur la face sud (côté Loire) un décor de 12 panneaux mosaïqués un peu dégradés.

Mais à quoi pouvait bien servir cette pile de base carrée dont le noyau central est composé d'un mortier de chaux, de sable et de briques pilées; surmontée de 4 piliers de 3,25m et ayant nécessité 104 000 briques de 33cm sur 22cm d'une épaisseur de 3,5 à 4cm?

Les fouilles de 2005 ont permis la découverte des restes d'une terrasse monumentale du côté nord, d'un bâtiment et d'une statue identifiable à la représentation d'un captif oriental.

L'ensemble, datable de la fin du IIe siècle ou du début du IIIe, semble confirmer l'identification du monument à une pile funéraire, comme on en connaît par ailleurs en Aquitaine. Cet aspect de mausolée laisse penser qu'il s'agit d'un monument marquant la sépulture d'un dignitaire turon, peut-être militaire de haut rang, lui-même ou tout aussi bien l'un de ses ancêtres, dont on a voulu commémorer les exploits

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A lire sur le site de la Revue Archéologique du Centre de la France:
Emmanuel Marot, « La pile gallo-romaine de Cinq-Mars-la-Pile (Indre-et-Loire) : réexamen du dossier à la lumière des récentes découvertes », Revue archéologique du Centre de la France, Tome 47 | 2008, [En ligne], mis en ligne le 19 mai 2009. URL : http://racf.revues.org/index1174.html.

3 commentaires > Laisser un commentaire :

Steph a dit…

Je ne connais pas du tout cette région alors je découvre :)

Anonyme a dit…

Ca c'est de la pile TRES longue duree. Poubelle Duracel, vive l'Indre et Loire!
Kapmoscou

Stéphane a dit…

J'y passe tous les quinzaines en allant plus au sud ou revenant à Paris. Et cette petite ville, au bord la Loire est comme une frontière pour moi, au nord les paysages ont moins de charmes, c'est le bassin parisien, le monde du travail et du stress.
Quelques fois j'y passe au crépuscule et quand on arrive là-haut sur le plateau, en regardant vers l'ouest le ciel au dessus du fleuve déchire. Toute une palette de couleurs chaudes et de dégradés de gris dont bien des peintres se sont inspirés surplombent le fleuve.
Une ville étonnante: les sablières poussiéreuses en périphérie, le centre-ville en tuffaut immaculé, le plateau bardé de radars militaires.

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