9 juin 2009

"Wake up and smell the coffee"

La Lettonie va bientôt devenir tout l'inverse de Robin des Bois. Leur devise (rien à voir avec la dévaluation, quoique...) pourrait bien être "voler aux pauvres pour donner.. non pas aux riches mais à l'État" (oui autant garder pour soi-même ce qu'on vole, il est con de Robin: :)), qui décidément ne pense qu'à son euro et de moins en moins aux réels problèmes.
Messieurs-dames du gouvernement, j'aurai bien envie de vous dire "wake up and smell the coffee". Enlevez vos œillères et regardez la réalité en face.

Le but des mesures énumérées ci-dessous est de faire des économies, évaluées à 500 millions de LVL, et visant à libérer la dernière tranche du prêt provenant du FMI. Mais à quel prix?

Mesure 1: Introduction de l'impôt progressif à partir de l'an prochain. Le Ministre des finances n'a pas précisé le fonctionnement du système. Les modalités sont encore inconnues mais contrairement à son voisin estonien, la Lettonie a décidé d'appliquer un barème "juste" selon les revenus de chacun.

Mesure 2 et 3: Ici les problèmes commencent. Dés cette année, le montant minimum mensuel non imposable sera réduit de 90 LVL (130€) à 45 LVL (65€ si vous suivez).
En outre, le salaire mensuel minimum sera lui aussi rabaissé de 180 LVL (258 €) à 140 LVL (200€).

La première mesure, censée diminuer le poids fiscal sur les plus démunis et augmenter les recettes en taxant plus fortement les gros revenus, semble logique, juste. Une décision que l'Estonie n'a pas eu le courage de prendre. On n'a cependant aucune précision sur les chiffres...
La logique voudrait ensuite que le minimum imposable soit augmenté afin que les faibles revenus puissent s'en sortir un peu mieux.

Or, les deux dernières mesures démontrent la totale incohérence de ce gouvernement qui fait preuve d'une absence totale de logique. Ces décisions me laissent sceptique quant à leur popularité bien sûr mais surtout quant à leur efficacité. Aller dans un sens puis dans un autre ramène finalement au point de départ.

Ceci va par ailleurs pénaliser très fortement les très faibles revenus.
On ne fait rien en Lettonie avec 200€ par mois et en plus on doit payer des impôts! Je défie n'importe quel membre du gouvernement letton de survivre un mois avec cette somme...

Le but annoncé est de faire grossir les rentrées d'argent (apparemment à tout prix) mais l'État a-t-il pensé un seconde aux conséquences économiques sur le court terme: baisse encore plus marquée de la consommation (voir données Eurostat du 1er trimestre), augmentation probable du marché parallèle... au final cela pourrait revenir à une baisse des rentrées fiscales et à une catastrophe économique - je rappelle la baisse du PIB au premier trimestre 2009 (par rapport au 1er trim. 2008) : -18,6%!! (pour comparaison; France: -3,2%).

Le FMI va-t-il se faire prendre au piège du joli chiffre de 500 millions de LVL annoncé par la Lettonie?

5 commentaires > Laisser un commentaire :

Anonyme a dit…

C'est choquant! Mais comment peut-on pondre des mesures totalement contradictoires? C'est carrément une faute professionnelle...j'ai vraiment du mal a suivre la logique des Pays Baltes en ce moment. Autant l'impot progressif devrait etre adopté par tous...et tant pis pour le p'tit déj du traiteur :P...mais baisser le revenu min???? Jeter les dés et revenez à la case Depart! Steph

Remo a dit…

D'accord pour dire que l'introduction d'un impôt à taux progressif ne paraît pas cohérente avec l'abaissement du seuil d'exonération.

Pour le reste, on peut ne pas partager ton sentiment que l'impôt à taux progressif soit un impôt "juste". De mon point de vue, c'est tout le contraire. Une flat tax tient évidemment compte des revenus de chacun, contrairement à ce que tu sembles dire dans ton post: avec un taux à 21% comme en Estonie, quelqu'un dont les revenus (hypothèse d'école)sont de 100 000 euros par an paie 21 000 euros d'impôts, quand quelqu'un dont les revenus sont de 10 000 euros paie 2 100 euros. D'ailleurs, tu sais comme moi que l'Estonie, qui a introduit la flat tax en 1992 ou 93, a depuis été copiée par la moitié de l'Europe, notamment à l'est (la Roumanie en dernier lieu, si je ne m'abuse): c'est donc bien que le système ne doit pas être si mauvais (ou alors les Européens de l'est sont des crétins finis?). On peut préférer un système avec un taux d'imposition unique, relativement bas, touchant pratiquement la totalité des revenus, très facile et très peu couteux à gérer, à un système truffé d'exemptions, dans lequel certains impôts coûtent plus cher à percevoir qu'ils ne rapportent, et où de fait seule la classe moyenne paie, les gens modestes n'étant pas imposables, et les gens vraiment riches pouvant, avec l'aide d'un bon fiscaliste, échapper pratiquement au paiement de l'impôt.

Vive la flat tax!

Par ailleurs, puisque tu es fan d'Eurostat (et je te rejoins complètement, je considère que ça ferait beaucoup de bien à tous les Français de lire Eurostat tous les jours pour situer vraiment la France par rapport à ses partenaires européens), peut-être peux-tu nous trouver la stat sur le pourcentage de la population qui touche le salaire minimum. En Estonie, de mémoire, je crois que c'était 1% (et sans doute guère plus en Lettonie), alors que c'était 17% en France, de très loin au premier rang européen. Il ne faut donc pas s'arrêter au montant du salaire minimum, car en Estonie et dans les pays baltes, ça ne veut pratiquement rien dire.

Guillaume a dit…

J'ai utilisé "juste" (avec les guillemets) car on n'a pour l'instant pas de détails sur les tranches. Comme tu le vois, j'ai quand même été prudent à ce sujet et n'ai pas trop commenté du fait du manque d'informations.

Cependant, on peut supposer que le but de l'impôt progressif est de diminuer le taux d'imposition des bas revenus et de relever le taux pour les revenus plus élevés. Et alors je ne vois pas d'inconvénient à ce système.

Je te rejoins en partie concernant le flat rate car il est évident qu'en gagnant plus, on paye plus.
Ce qui m'embête avec ce système est que celui qui gagne (je prends ton exemple) 100 000 euros par an en a encore 79 000 après impots (ça laisse de quoi survivre...) tandis que celui dont les revenus s'élèvent à 10 000 eur par an (environ la moyenne en Estonie je crois) n'en a plus que 7900. Le rapport est différent... pourquoi ces deux personnes devraient être imposées de façon similaire?

Comme tu le dis, le flat rate a ses avantages. On remarquera cependant que ce système à taux unique est de plus en plus remis en question.

Je voulais seulement démontrer l'incohérence de ce qui se passe aujourd'hui en Lettonie.

Remo a dit…

Comme tu l'as dit dans un autre post, nous ne sommes vraiment pas d'accord (mais ça n'est pas grave...).

Ce qui est juste, me semble-t-il, c'est que celui qui gagne plus contribue plus aux ressources de l'Etat via l'impôt, et c'est bien ce qui se passe. Avec un taux progressif, il paierait plus que plus, si je puis dire. Ce n'est plus une logique contributive, c'est une logique confiscatoire.

C'est un vrai choix de société: le politique doit-il déterminer un niveau maximum de ressources au-delà duquel les revenus deviennent superflus, voire obscènes, et doivent donc être surtaxés? Pour moi, clairement, c'est non.

Anonyme a dit…

Je suis allée en lettonie (lielvarde) exactement et j'ai vu dans le fond des campagnes et des bois ce qu'est la misère humaine,la faim, et le malheur, j'ai ramené un petit garçon de 7 ans il y a bientôt deux ans, il avait passé une année en France car je fais du bénévolat il était beau et en pleine santé, quand je l'ai revu il y a une semain e de cela , il était méconnaissable,la tristesse de son regard jamais je n'oublierai! à bientôt Jorans, nous t'aimons trés fort.

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