25 juin 2009

Lettonie: protestations contre les mesures d'austérité

Plus de 5 000 personnes ont défilé le 18 juin à Riga pour manifester contre les mesures d'austérité qui s'accumulent en Lettonie pour tenter d'endiguer une crise d'une ampleur exceptionnelle. Les secteurs de la santé et de l'éducation sont particulièrement touchés. Mercredi, le ministre de la santé, Ivars Eglitis, a présenté sa démission, après avoir fait le constat que L'Etat ne sera plus capable de fournir des services de soins à la plupart des Lettons. "En tant que médecin, je ne peux pas l'accepter", a-t-il déclaré.

La situation est de plus en plus tendue après le vote par le Parlement le 16 juin d'un nouveau plan d'austérité qui prévoit une réduction budgétaire de 500 millions de lats (718 millions d'euros), soit environ 10 % du budget. "Le pays a été sauvé de la banqueroute", a déclaré le premier ministre, Valdis Dombrovskis, au lendemain du vote. Mais à quel prix, et pour combien de temps ? Le salaire minimum est baissé de 20 %, à 140 lats (200 euros).

Afin d'obtenir l'aide du Fonds monétaire international (FMI) et de la Commission européenne, dont le prochain versement de 1,2 milliard d'euros devrait intervenir à la mi-juillet, le gouvernement s'est résigné à amputer les retraites de 10 % alors qu'il s'était engagé à ne pas y toucher. Cette amputation des pensions, déjà faibles, doit être vue comme un geste désespéré du gouvernement.

A partir du 1er septembre, les salaires des enseignants seront réduits de 50 %. En mars, la ministre de l'éducation, Tatjana Koke, avait déclaré au Monde espérer que les enseignants les plus âgés partent à la retraite. "Celles-ci ne sont pas élevées, avait-elle dit, mais dans les campagnes, ils ont leur potager, ils pourront s'en tirer."
Ces dernières semaines, certaines communes ont commencé à prendre des mesures qui semblent sorties d'un autre âge : distribuer des lopins de terre aux chômeurs afin qu'ils cultivent des légumes et fassent des conserves avant l'hiver.

La hausse du chômage, qui atteint 17,4 %, combinée à la baisse des salaires fragilise encore l'économie, qui devrait enregistrer en 2009 un recul de 18 % du produit intérieur brut (PIB).
Face aux rumeurs de dévaluation de la monnaie, lancées essentiellement depuis l'étranger, le gouvernement a choisi la dévaluation interne : baisses des salaires, réductions des dépenses publiques et maintenant des retraites. Le responsable régional du FMI, Jens Henriksson, a déclaré le 16 juin à Stockholm qu'il ne pensait pas que la dévaluation serait une bonne solution. Elle perdrait beaucoup de son intérêt quand les pays susceptibles d'importer des produits à meilleur marché grâce à la dépréciation de la monnaie sont eux-mêmes en grande difficulté financière. Environ 20 % des Lettons ont des emprunts non pas dans leur monnaie nationale mais en euros, et ils perdraient beaucoup à une dévaluation. Ce qui mettrait à leur tour les banques suédoises, grosses créancières dans la région, en difficulté.

De l'autre côté de la mer Baltique, en Suède, les banquiers suédois, essentiellement Swedbank et SEB, sont toujours extrêmement nerveux. Selon les tests sur leur solidité financière en cas de détérioration de la conjoncture, rendus publics le 10 juin par l'Inspection suédoise des finances, ces établissements devraient pouvoir résister à d'importantes pertes dans les pays baltes, de l'ordre de 15 %, à condition que les pertes de crédit ne dépassent pas 1,5 % en Suède. Les pertes des banques suédoises dans les pays baltes et en Ukraine pourraient s'élever à 200 milliards de couronnes (18,5 milliards d'euros) entre 2009 et 2011.

L'onde de choc s'étend aussi aux deux autres pays baltes, l'Estonie et la Lituanie, également très touchés par la crise. La situation s'est brutalement dégradée en Lituanie où le ministre des finances, Algirdas Semeta, a annoncé mercredi que le PIB pourrait reculer de 18,2 % en 2009. La TVA va être augmentée de 2 % et les salaires publics réduits de 9,5 %. L'Estonie, dont le PIB devrait se contracter d'au moins 12 % en 2009, adopte aussi des mesures d'austérité.
Article Le Monde

2 commentaires > Laisser un commentaire :

Marianne a dit…

J'ai déjà fait ce commentaire sur mon blog ,en réponse à ton commentaire sur le plan d'austérité , mais je voulais le mettre aussi sur le tien pour faire réagir ...
Je plains vraiment le peuple letton ( ainsi que d'autres peuples qui subissent déjà les mêmes restrictions et ceux qui vont les subir bientôt )qui va payer très durement les conséquences de mauvaises décisions et l'irresponsabilité de son gouvernement et du FMI .
Très triste pour tous ces gens !
Quand j'ai lu ton article , j'ai relevé plusieurs phrases qui m'ont choquée et attristée en même temps :
- A partir du 1er septembre, les salaires des enseignants seront réduits de 50 %. En mars, la ministre de l'éducation, Tatjana Koke, avait déclaré au Monde espérer que les enseignants les plus âgés partent à la retraite. "Celles-ci ne sont pas élevées, avait-elle dit, mais dans les campagnes, ils ont leur potager, ils pourront s'en tirer."-
C'est affreux de devoir en arriver à dire ça !Je pense que si j'étais au gouvernement , je ferais comme le ministre de la santé letton,je démissionnerais !
Je sais que ça ne solutionne rien, mais j'aurais honte de devoir faire subir de telles choses au peuple !
-Cette autre phrase aussi m'a choquée :
"Ces dernières semaines, certaines communes ont commencé à prendre des mesures qui semblent sorties d'un autre âge : distribuer des lopins de terre aux chômeurs afin qu'ils cultivent des légumes et fassent des conserves avant l'hiver."-
Comment peut on en arriver à banaliser de telles choses et à "prendre "de telles mesures en 2009 en Europe , comme si c'était normal ???
Je suis vraiment scandalisée par la désinvolture des gens qui nous gouvernent , qui prennent des décisions graves sans penser aux conséquences pour le peuple !
On a pris beaucoup de mesures pour les banques , mais le pauvre citoyen ,lui, ne peut bénéficier que d'un lopin de terre , du chômage et le droit de se la fermer !! C'est une honte, j'ai pleuré quand j'ai lu ça , on se croirait au moyen -âge ! Quand les gens vont ils se réveiller et arrêter de se faire humilier par ceux qui détiennent un " soi-disant" pouvoir bien fragile ?
Je suis scandalisée quand je vois tous ces gouvernants qui font ce qu'ils veulent et ne cherchent qu'une chose , le Pouvoir .
Quand le peuple va-t-il arrêter de supporter tout ce qu'on lui inflige , va -t-il se révolter un jour ?
Il faudrait qu'en même temps,le même jour ,dans tous les pays d'Europe ,se constitue un mouvement de masse , telle la Baltic Way , où tous les Européens se donnent la main contre les gouvernements qui les avilissent .
Utopique , sans doute , mais je ne désespère pas...
La soumission , la résignation , l'esclavage ( faire travailler les gens en réduisant leur salaire peut être considéré comme de l'esclavage),appelons le comme on veut, ont des limites ,et amèneront peut -être bientôt les peuples à se révolter contre leurs asservisseurs !

Guillaume a dit…

En effet, le "à la campagne, ils vont pouvoir s'en sortir" et la distribution de lopins de terre sont TRES choquants.

Ces "personnes" du gouvernement ne se soucient guère du peuple, ni même du pouvoir d'ailleurs. Ce qui compte ici, c'est l'image. Et l'image, c'est le SUV en leasing, l'appartement luxueux acheté à crédit (en euros et donc en cas de dévaluation ils sont dans la merde...!!) et les "delicacies" que l'on déguste tout en ne sachant rien à leur sujet.
Combien de fois Silja m'a traduit une conversation à propos de vin par exemple qui s'approchait du ridicule. Combien de fois a-t-on entendu parler du voyage d'un tel et des restaurants dans lesquels ils sont allés mais culturellement RIEN. Lorsqu'on leur demande s'ils sont allés ici ou là, la seule réponse est "où??"...
Cela en dit très long sur l'objectif du voyage qui n'est qu'un moyen de montrer à ses "amis" que l'on a des moyens - souvent à crédit également d'ailleurs...!
Ce type de comportement me fait vraiment pitié, je trouve ça pathétique! L'image, l'image et encore l'image. Alors ne demandez pas à ces gens du gouvernement de passer des lois un tant soit peu (tiens je savais pas comment écrire ça :)) socialistes, ça serait mal vu; ils passeraient pour des proches de la populace.
Comme je l'ai déjà répété de nombreuses fois dans différents billets, je ne comprends pas à quoi rime la politique actuelle... mais je trouve vraiment dommage que les Estoniens ne fassent rien. En France ce serait déjà la révolution ;) mais on ne peut pas vraiment comparer.

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