16 juin 2009

Harri Taliga: "la grève fut un succès"

Au cas ou vous ne l'auriez pas remarqué (moi pas du tout!), il y avait bien une grève aujourd'hui, le 16 Juin, en Estonie.

Il s'agissait d'un mouvement national initié par l'Union des syndicats estoniens et dont la première étape était la manifestation de Tompea au début du mois de Juin.

La seconde étape devait être une grève nationale dont voici les actions concrètes:
- à Tallinn: une grève entre 10h15 et 11h15 des chauffeurs de bus/trolleys/tramways. Oui j'appelle cela une grève "prolongée" et très ciblé! C'est vrai qu'à cet horaire, tout le monde est déjà au travail et au moins ça n'embête personne...
- à Narva, les chauffeurs de bus avaient annoncé une grève entre 8h et 13h avec la DDE locale
- à Tartu, la grève devait durer toute la journée!
- et le meilleur pour la fin: dans l'Ouest, les syndicats devaient rassembler des signatures pour préparer une pétition.

On sent bien que la conception d'une grève réussie fait l'objet d'importantes différences culturelles.
Le gouvernement doit être en train de trembler en ce moment...

5 commentaires > Laisser un commentaire :

Remo a dit…

En effet....

Je fais le malin bien sûr, mais dans un commentaire du 4 juin en réponse au post que tu cites ci-dessus, j'avais pris le pari que cette journée nationale de protestation serait un four.

Nous ne sommes pas en France ici: d'une part, la culture protestataire à la française, ça n'existe quasiment pas, Dieu merci, et d'autre part, en face, nous n'avons pas des gouvernements qui se croient obligés d'abdiquer leurs responsabilités et de changer de politique parce qu'il y a quelques dizaines de milliers de manifestants dans la rue...

Le vrai test, c'est jeudi je crois, la troisième et dernière lecture au Parlement des amendements au droit du travail qui doivent revenir sur les augmentations des indemnités de chômage agréées par les partenaires sociaux l'année dernière.

En termes stratégiques, on peut penser que l'échec total de la journée de mobilisation d'aujourd'hui ouvre la voie à une ratification jeudi. Si les principaux intéressés ne se sont pas mobilisés, alors je ne suis pas convaincu que les partis d'opposition le fassent pour eux...

Marianne a dit…

Drôle de grève ,en effet ! En France , ce mouvement s'appelerait "petit débrayage ponctuel d'une heure ".
La culture n'est pas la même , bien sûr !
Cependant en France , les mouvements de grève s'essoufflent , les gens ne croient plus à rien, prendraient- ils modèle sur des pays tel que l'Estonie ?
Le gouvernement, lui , ne cède plus beaucoup de choses .Constatant que les mouvements ne donnent pas ou peu de suite , il se retrouve tout puissant pour faire passer les lois qu'il veut .

Guillaume a dit…

oui Remo, c'est la raison pour laquelle j'ai mis cet article en ligne.

Le vrai test si l'on veut car je ne vois plus aucun obstacle maintenant.

Remo a dit…

Pour les amateurs de précisions, Harry Taliga a estimé aujourd'hui que la grève générâââle avait rassemblé dans l'ensemble de l'Estonie 1 800 (bien lire mille huit cents) salariés...

J'ai d'ailleurs vu aujourd'hui une dépêche Reuters à propos de la Lettonie, dans laquelle une professeur, interrogée sur le fait de savoir si elle allait manifester pour protester contre la baisse de 36% de son salaire depuis le début de l'année (deux fois 20%), répondait textuellement "je suis une personne cultivée et éduquée. Protester dans la rue, ça ne fait pas partie de mon éthique personnelle". Significatif, non?

Guillaume a dit…

en effet, c'est son estimation. on n a pas d'autres chiffres cependant...

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